Tafari est né le 23 juillet 1892 à Harar en Ethiopie. Son père le Ras Makonen, gouverneur du Harar, lui assigne un précepteur français et l’initie au pouvoir très tôt.
A cette époque c’est l’empereur Ménélik qui gouverne l’Ethiopie de 1844 à 1913. Celui-ci offre à Tafari en 1905 la province de Gura Muleta. A la mort de Ménélik II en 1913, l’ascension du jeune garçon aux plus hautes fonction est accélérée.
Le 21 septembre 1916, il devient prince héritier, il dirige le pays au côté de sa tante, l’impératrice Zaouditou, et sa fille Taitou. Tafari souhaite faire basculer son pays dans une nouvelle ère en supprimant la féodalité. Son pays s’ouvre au monde. En 1923 en tant que régent, il plaide et obtient l’entrée de l’Ethiopie à la SDN. Le 7 octobre 1928, Ras Tafari est sacré, par l’impératrice, Négus (qui signifie roi).
Le 2 octobre 1930 à la suite du décès de l’impératrice, Tafari devient empereur et hérite des titres prestigieux de : « Seigneur des seigneurs », « Lion Conquérant de la Tribu de Judah », « Elu de Dieu » et « Défenseur de la loi ». Par les dignitaires de l’église Ethiopienne, il est baptisé « Haile Selassie Ier » (Puissance de la Trinité). Les souverains éthiopiens se veulent les descendants de Salomon et de la reine de Saba. Ménélik en serait le fils. Tafari serait, quand il arrive au pouvoir, le 225e successeur du roi Salomon. La prophétie de Garvey s’avère donc exact.
Les croyants adoptent alors le nom de rastaman en l’honneur de Sélassié. Le roi tente de supprimer le clergé et l’aristocratie. Il désire emmener son pays vers le monde moderne. Dès 1931, il développe l’instruction, instaure le droit de vote et établit un parlement. Il fait ainsi abolir l’esclavage qui perdurait curieusement en Ethiopie. Toutefois, le pays reste divisé par les résistances locales. La féodalité et ses seigneurs est encore très présente dans toute l’Ethiopie.
En 1935, le 3 octobre, le royaume d’Ethiopie est envahi par Mussolini (Babylone), Sélassié est contraint à s’exiler en Angleterre. Le 28 juin 1936, le roi se rend à Genève pour demander de l’aide à la Société des Nations. C’est avec l’aide de l’armée britannique, le seul pays membre de la SDN qui aidera l’Ethiopie, et de la guérilla interne que le joug fasciste disparaîtra. Conscient de l’existence du rastafarisme et de son idéologie, Haïlé Sélassié offre la vallée de Shashamani, situé sur le plateau d’Addis Abeba, aux Africains exilés et donc aussi aux rastas, pour d’une part les remercier de leur aide contre l’invasion italienne et d’autre part reconnaître le culte rasta . Cela devient la terre promise pour des milliers de rastas.
Une délégation de trois rastas est envoyé en Ethiopie, Mortimer Planno (le célèbre mentor de Bob Marley) et deux proches de Count Ossie. Trois ans après avoir crée l’OUA (Organisation de l’unité africaine), Sélassié est invité par le gouvernement Jamaïcain du 21 au 24 avril 1966. Les rastas vont enfin pouvoir découvrir le roi Ethiopien. JAH RASTAFARI leur rend visite. C’est donc l’émulation en Jamaïque parmi toutes les communautés rastas. Quelques 100 000 rastas sont présents sur le tarmac de l’aéroport, ils psalmodient et sont accompagnés de percussions nyabinghi. Donald Manning des Abyssinians (rasta depuis l’âge de 14 ans) dira plus tard : « Avant l’arrivée de Haïlé Sélassié, la pluie tombait en trombe. Quand l’avion se posa, la pluie cessa et le soleil se mit à cogner ». On peut constater que les rastas sont imprégnés d’un fort mysticisme.
Au début des années 1970, la monarchie éthiopienne semble très affaiblie. En effet, beaucoup d’opposants au pouvoir dénoncent les dépenses fastueuses destinées aux cérémonies et autres réceptions au palais royal. On reproche également à Hailé Sélassié d’avoir détourné de grosses sommes d’argent, et d’avoir caché à l’aide internationale la terrible famine qui toucha l’Ethiopie et provoqua 1 million de morts. Le pays tombe dans une terrible déchéance et annonce la fin d’un règne de plus de quarante ans. Haïlé Sélassié fait face à un coup d’état et est renversé en septembre 1974 par la junte militaire. L’ancien souverain est placé par la suite dans une résidence surveillée. Le 17 mars 1975, la monarchie éthiopienne est définitivement abolie. Le nouveau dirigeant prend le nom de Haïlé Mariam Mengistu et gouvernera jusqu’en 1991. S’ouvre alors une période d’agitation sociale et politique. Le nouveau dirigeant inaugure une période de purges et de terreur.
Dans la nuit du 26 au 27 août 1975, Haïlé Sélassié meurt mystérieusement. D’après la version officielle, l’ancien empereur serait décédé suite à une défaillance circulatoire. Officieusement, plusieurs personnes ont pu déclaré que le souverain avait été étouffé durant son sommeil par des membres du comité militaire. Aucune photographie ne fut envoyée à la presse et aucun renseignement ne fut donné sur le lieu de l’inhumation. Ce n’est qu’en 1992, que l’on croit retrouver la dépouille de l’empereur. Le 5 novembre 2000, le gouvernement a autorisé des funérailles officielles. Les reliques du Négus sont entreposées dans la crypte de l’église orthodoxe de la Trinité.